Séance poésie au LoCAL bd Davout

640

Séance: 3 février 2018

Les lucioles volubiles s’éparpillent
la ville, une ruche en éveil
les couples se resserrent
ils sèment des bulles, des plantules
sur la chaussée épatée
les passants éberlués foncent avec gravité
des graines de soie parfumées
divertissent les enfants aux regards frileux
les mots délivrés au ciel
s’échappent des cœurs embués
les envies abandonnées au vent
s’envolent éperdument
la vie renait sur les trottoirs
au grand dam des accents
de nos désespoirs

Agnès

Il y avait des gens
des gens
que je ne connaissais pas
mais leurs mots
c’est qui ?
et comment ?
A travers ces rêves envoyés
un mot en brique
qui franchit les arbres
et ballonnent les murs
qui dit un message clair
et net
à l’inconnu
du bout du monde.
Alors qu’en vérité
il ne faut
qu’un pas
pour construire
ces rêves entre nous
Nous les réels, on existe
Hé ! Il faut qu’on se parle ! Nous !
Pas aux funérailles
Pas aux éclats de tambours
et maintes fois nos regards se froissent
sans rencontre
sans défaut
de passer à côté et dire

« Le voilà l’individu qui blêmit
Il écarquille les yeux à chaque fois
que je le rencontre »
maintes fois je le laisse
à ses bagages
Je dis cette fois, il est joyeux, je ne veux pas savoir de quoi !
Je n’ai pas le temps d’embrouiller le monde
avec mon raisonnement !
Je m’arrête sur le chemin
quand je vois des enfants
qui me rappellent

Toi

Et

Moi

Pourquoi ?
Tu crois, tu vas esquinter ton cœur ?
Je m’arrête sur le monde
ô que le monde va bien
quand elle pleure pour de bon
pour de vrai
c’est juste une larme
et les larmes lavent le cœur
les mots s’envolent
pour dire qu’on aime
qu’on désire
et je te transmet l’amour
les enfants
éblouis de voir,
leurs mots,
leurs souhaits
s’envoler au ciel
caressent le massage
et le captent
en le regardant
s’évader
A
L’égard
De
L’inconnu

R’kia

 

644

Séance: 20 janvier 2018

Toi, inconnu(e) du bout du monde
Peux-tu m’envoyer
une lanterne voyageuse
qui effacera les souvenirs de guerre
de la mémoire des ancêtres ?

Rkia

Toi, l’inconnu du bout du monde
Par ma plume colorée, je t’ordonne de descendre de ta cachette
Pour savourer ces parfums, ancrés, soyeux
Qui te feront parcourir ces chemins fleuris
Par des souvenirs cristallisés des enfants choyés par leur maman joyeuse
Qui leur racontait des souvenirs paisibles,
de bonheur épais,
dans le monde.

Rkia

Pour toi, inconnu(e) du bout du monde,
Je rêve d’un monde de forêts magiques, illuminés par des montagnes poétiques, qui roucoulent de mirages déments et susurrent des parfums enivrants, sur nos amours envoûtants.

Agnès

Toi, inconnu(e) du bout du monde,
Je vole une aile de désir voyageur et me pose sur ton cœur
Je danse sur les braises de la fureur du monde pour éteindre tes peines
Je valse les étoiles de mes rêves dans la tempête de ton intimité
Je glisse dans l’abîme de tes rêves hallucinés
Je sens le fil invisible qui tisse l’espoir de nous
J’ouvre un océan de lumière dans le flot de tes sanglots

Illich

Toi, inconnu(e) du bout du monde,
Je t’offre la curiosité rebelle de découvrir cette terre ballonnante,
De vagabonder souriante sans redouter la souffrance
Embrasser les distances, remonter les pentes
Je te souhaite de rougir, de faiblir, plongé dans l’ivresse de l’avenir et la jalousie de vivre.

Manon

Toi, inconnu(e) du bout du monde
J’éteins les braises de la fureur du monde
Et t’offre le calme des océans, l’instant d’une seconde
Dans l’abîme des rêves je t’invite à te glisser
Sans sanglots, ni peines, juste ces mots pour voyager

Manon

Pour toi, inconnu(e) du bout du monde,
Je fais jaillir du monde le souffle vital de la lune qui encense ton iris et caresse ton souvenir parfumé.

Illich

Toi, inconnu(e) du bout du monde,
Je te savoure un monde
où les bulles de velours
S’envolent dans le tourbillon de ton amour

Illich

Je savoure déjà le goût de ton sourire
J’écoute l’écho de ta voix qui résonne dans la nuit
Je parcours lentement les mirages de ton visage
J’abandonne les miettes de ma vie ici-bas et m’envole avec toi

Manon

 

Séance: 13 janvier 2018

 

Les briques bricolent des brindilles et des broutilles lorsque la brise les bouscule bruyamment
Gravir les marches de mon escalier comme si je foulais les pierres de la montagne sacrée, avec une vue panoramique sur l’étendue des lacs gelés.

Agnès

 

La ville se met à vivre

Les briques se brisent sous tes yeux qui brillent.
Et les murs nous murmurent les secrets de la ville
Je sens sur ma peau le souffle des ruelles
Et j’entends au loin les immeubles qui m’appellent

Manon

 

En entrant dans cet immeuble
Ces escaliers ressemblent à un tas de briques
Les oiseaux n’y entrent pas
Tel un arbre enchaîné sur le haut d’une falaise

Si moi je n’y arrive pas. Pourquoi y arriverais-tu ?
C’est peut-être à cause de l’âge, ou de la respiration
La tourmente monte dans ma respiration qui m’encombre
J’ai du mal à monter cet escalier

Et cette fenêtre ouverte tout le temps,
Elle aspire quoi ?
La fenêtre sur un champ de blé
Fait jaillir des flots d’oxygène

Quand je vois un train passer
Je me dis ; Où va il ?
A quelle heure va-t-il arriver ?
Où et quand ?

Ou je me vais dans un parc
Et les oiseaux me disent,
Tout va bien !

Rkia

 

Séance: 16 décembre 2017

Je creuse la consigne
Je pousse ma réflexion avec circonspection
Je danse de bonheur devant ma fenêtre
Transpercée d’un rayon de soleil
Je brandis ma joie de vivre
Je saute comme une puce excitée
Je soulève un tollé de protestations agacées
Je te déchire, je te dévore, je t’adore
Je marche à reculons, je ne veux pas voir l’avenir, je suis bien dans l’instant présent
Je vole à ton secours et tu me fuis
Je traverse une mauvaise passe mais cela me passera

Liliane

Je traverse la chair de l’existence
Je déchire l’étoffe de ton corps
Cette nuit, je danse avec le néant une valse éternelle
Je rampe au creux de ton cœur, et m’y blotti, sans leurre
Je hisse ton sourire sur le ciel de l’avenir
Je cueille les soupirs des âmes abandonnées
Et je lance ton silence dans le puits des regrets.

Manon

Je gambade élégamment entre les galaxies qui bondissent sauvagement
Je déchire toutes les noirceurs de mes nuits assombries par les orages diurnes, et les laisse voltiger dans les courants ascendants de mes rêves somnambules.

Je plante des saveurs aux goûts sauvages,
au gré de mes envies exaspérées par mes folies souterraines.
Je soulève des morceaux de brise pour les déposer sur tes paupières douillettes.

Je rampe comme un lézard lassé par le vent glacé des discours endiablés, de ses confrères ensorcelés. Je défie tous les dieux et leurs acolytes en brandissant des stalactites lumineuses, véritables catapultes interstellaires surgissant des périodes glacières.

Je traverse les couloirs de mes pensées en me perdant dans leur labyrinthe bleuté .

Je marche sur les parchemins de mes ancêtres dans les dédales des profonds secrets de leur êtres.

Je vole la lumière des arabesques.

Agnès


Paréidolie

Grande ballade paréidolique dans le quartier.  Collage de poème et de photos dans les rues des Portes du Vingtième

paréidolie 21-10 (13)

Ta tête en suspension par la pointe

De ton menton

Ton visage nervuré,

Triptyque jaune, doucement penché

Vers moi.

Et ton corps, monstre fragile

Amputé d’un bras

Amputé d’une jambe

S’envole, gracile

Dans ce ciel dur

Où la neige tombe en cailloux

Et la douceur,

Et la rousseur,

DE ton être éphémère

Faits de toi l’esprit de l’automne

Djinn bienheureux.

Irène

paréidolie 21-10 (57)

Tu étais là depuis tellement

Tu étais là depuis longtemps

Tellement longtemps qu’on t’avait oublié

Un cache-cache de gagné

Depuis longtemps

Depuis tellement

Que la partie est terminée

Terminée depuis si longtemps

Terminé depuis si tellement

Qu’elle en est périmée

Qu’elle en est avariée

Perec t’avait mis là

Peinard, pour faire un bouquin pas banal

Il a du se dire qu’on ne te trouverait pas

Une cachette pareille, juste visible des canards

Et puis quoi, il est mort

Et jamais il ne t’a dit que le jeu était fini.

Descends maintenant !

Descends, bon sang !

Depuis le temps qu’on veut l’écrire

Et il en manque toujours un peu

Il manquait le grand E

Pour le mot ESPOIR

Irène

Les archers de l’ennui sur les toits de Paris

Veillent sur ton sommeil et chassent les corneilles

Illich

Hommes sages au milieu des nuages

Dans le froid de l’hiver, ils gardent le mystère

Illich

paréidolie 21-10 (21)

Baba Yaga qui survole la capitale entre la Porte de Bagnolet et la Porte de Montreuil,

Décide de s’incruster dans le bitume qu’elle parfume

Elle veut y imprimer toutes les odeurs, les saveurs qu’elle hume au gré de ses échappées nocturnes

Quand elle vagabonde à vitesse grand V sur son chariot ailé,

Au dessus de nos immeubles, boulevards et périphériques animés

Elles nous rapportent les histoires endiablées de nos souvenirs oubliés

De toutes ces contrées inexplorées qu’elle a traversées

Elle vogue au gré des courants en fendant le bitume

Rien n’interrompt son élan

Pas même l’annonce des brumes,

Ni même les passants quand elle pourrait être prise en enclume

Elle accompagne le ponant en chantant libre comme la plume

Agnès

De la fournaise des catacombes

Transpirent les mirages de Paris

La mort s’évapore sous les pas des vivants

Et laisse son empreinte blanche sur le trottoir glaçant

Illich


Séance 14 Octobre 2017

Le fil rouge du projet QUARTIERS EN POESIE est de questionner la place du poète dans la cité et son rapport au patrimoine. Ainsi, le concours « Patrimoines en Poésie » organisé par la Région Île-de-France et la Drac Île-de-France ne pouvait que nous interpeller …

Nous sommes impatients de connaître les résultats du concours qui arriveront d’ici la fin du mois de Novembre !

Nous vous laissons maintenant découvrir les poèmes créés…

JEP

Je danse dans les bras de la pyramide. Je vole dans la voie lactée. Je chemine sur la cheminée chantante Je plante la pointe de la magnifique pyramide de France. Je rampe sur l’herbe pointue. Je pousse la pyramide miroir vers moi. Je bondis à travers le ciel. J’escalade une grande et belle tour pointue.

Rim

La fille Eiffel

J’escalade la pointe de mon stylo Tour Eiffel Je plante ses lumières qui scintillent le soir. Je danse sur la mine de la Tour Eiffel bleue. Je marche sur des Champs Elysées roses. Je défie l’obélisque de grandir. Je saute sur la fille Eiffel faites en fer et elle fait la Fête. Je cueille le soleil qui fait bronzer la fille Eiffel. Je pousse Gustave Eiffel dans un bateau mouche. Je chemine la Mère Tour Eiffel. Je déchire la vie d’Eiffel.

Selma

L’Arc de Triomphe perdant

Je vole en vélo dans le ciel noir, Je creuse l’arc de triomphe caché. Je défie les soldats de combattre les nuages, Je foule les pierres qui sont en toi, Traverse les chevaux des soldats. Je déchire les flammes du soldat inconnu, Je froisse les chaînes qui t’entourent Gambade les carrés à l’intérieur de toi Je rampe dans les inscriptions et danse avec les mots. Et enfin, te dit au revoir.

Eden

« Le jardin des tuileries » de Manet

J’aime cheminer doucement au fil des alignements dans ce jardin joliment dessiné

Les dames prennent le thé Les mamans y promènent les bébés Les messieurs semblent s’y défier du regard

Ah ! Que ne suis-je jardinier Entendre pousser les fleurs. Quel joli métier, Tailler le lierre en pleur

Liliane

« Nymphéas » de Monet Le poisson de la porte dorée

Je chemine entre les feuilles en fouillant dans les coulisses farfelues des failles phénoménales. Je gambade parmi les gamelles remplies de grains. Je creuse des coursives dans les courants d’airs bleus azurés des cours marines. Je cueille, dans les couloirs lumineux aux confins des coulisses aux couleurs mordorées, des caïmans encodés. Je gravis sans gravité des gravites aux contours gris en frôlant des formes gravides. Je traverse les trous des torrents tumultueux en entonnant des tonnes de tournures étonnées. Je soulève des sons sauvages des saveurs soudaines en souriant Je porte des pans pendants de pensées en perdant le cours des poursuites perdues J’escalade les escaliers des corridors bleus Je lance des lumières en louvoyant entre les lueurs lancinantes.

Agnès

640

 

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